La Honda CB 500 est la meilleure chose à faire avec 1000 euros. Ce n’est pas sexy, mais c’estle meilleur vélo pour devenir un motard rapide, efficace et habile. Oui, cette jolie poubelle réalise vos rêves pour ne pas être un cercle.
Je suis né en 1982. Quand la Honda CB 500 est sortie, j’avais 11 ans et la moto ne faisait pas partie de mes centres d’intérêt. Pourtant, le CB 500 ressemblait déjà à une bonne affaire. Un objet modeste, aussi séduisant qu’un break 504, ce qui, à l’époque, m’aurait fait préférer la Peugeot 103 jusqu’à la fin des temps. Mauvaise pioche.
Voilà ton souci, motard : tu as trop d’armes pour trop peu de guerre.
La Honda CB 500 met à nu la psychologie des motards. Oui, cher motard, tu n’es pas à l’abri : tu crains de rater un truc. Comme Françoise Sagan qui n’a jamais su s’arrêter à un seul verre, tu as tendance à surconsommer. Résultat : tu roules bien mieux équipé que ce que tu peux exploiter. Et, soyons honnêtes, personne n’a le niveau pour tirer parti de tout ce matos (moi compris dans ce constat peu flatteur). On a tous surévalué son talent un jour.
L’école des fans
La Honda CB 500, c’est le choix du motard lucide. Celui qui refuse les pièges du marketing et atteint, par la voie la plus simple et la plus futée, le but de tout motard : prendre vraiment le contrôle de sa machine. Oui. Grâce à ce deux-roues à la ligne quelconque, tu vas apprendre à rouler vite, à lever la roue, à attirer les regards, à muscler ton charisme, et peut-être même à provoquer quelques rebonds inattendus dans ta vie sentimentale. Qui l’aurait prédit ?
Ce bloc disgracieux sait s’ouvrir dans les virages et impressionner sur une roue arrière.
Certes, la réputation initiale n’était pas brillante. Le CB 500, c’est l’engin du fauché, du néophyte, voire du débutant avec budget serré. Pourtant, ce que tu n’avais pas prévu : ce deux-roues peu flatteur sait se déployer dans les courbes et se montrer redoutable sur la roue arrière. Explications.
Pour rouler vite
Il n’y a pas mille façons d’y arriver. Ce qu’il faut, c’est de la vitesse en courbe. Et là, la Honda s’impose. Son centre de gravité bas, sa géométrie pensée pour l’agilité : elle offre autant de vivacité que de stabilité.
Le large guidon sert de levier, la garde au sol permet d’enchaîner les virages sans arrière-pensée. Les pneus, plus étroits, rendent l’ensemble plus simple à incliner. Surprenant, non ? L’arrière ne dépasse de 10 mm celui d’un roadster moderne ! Sur route, il suffit d’être vif, pas d’avoir une machine de Grand Prix.
L’arrière reste à peine plus large que sur un roadster moderne.
Pour lever la roue
Le modèle d’ancienne génération pousse plus fort que la version sortie en 2013 : 58 chevaux contre 47,5. L’ancien brille donc à ce petit jeu et s’avère bien plus joueur sur la roue arrière. Il excelle pour progresser en acrobaties lentes : puissance contenue, allonge généreuse, tolérance dans le comportement. Résultat, la CB 500 est devenue l’arme de choix pour les apprentis cascadeurs. Incassable, résistante, un marché de l’occasion qui déborde de pièces. Les spécialistes des wheelings évoquent la Honda CB 500 comme une madeleine de Proust à l’envers.
Double visage
En plus de son gabarit ramassé et de son équilibre, la Honda cache un moteur polyvalent. Onctueux, doté d’un couple marqué dès 7000 tr/min, il s’énerve jusqu’à 10 000 tours sans faiblir. On disait à l’époque qu’il pétillait, qu’il donnait la banane. Rien n’a changé. Et avec la tendance actuelle à brider les motos, elle tient la dragée haute à bien des nouveautés, malgré son âge respectable.
Pour aller loin
La selle large, basse et moelleuse, couplée à un réservoir de 18 litres, permet de tailler la route sur près de 300 km d’une traite. Sa consommation flirte avec la sobriété d’un moineau ascète : entre 4 et 6 litres aux 100, selon la main droite. Et elle encaisse les kilomètres sans broncher. Il circule des histoires où, à 100 000 km, le moteur tourne toujours sans faiblir, même gavé à l’huile de friture. En 1993, Honda annonçait fièrement la barre des 300 000 km comme objectif de longévité.
Honda a parié sur 300 000 km de fiabilité pour sa CB 500 !
En clair, la Honda CB 500 c’est la moto qui privilégie la substance au vernis. À son guidon, tu ressens le plaisir d’avoir fait le choix le plus réfléchi et le plus rentable du marché. Et puisqu’elle reste modeste et pas surpuissante, même si tu ne progresses pas, l’investissement ne te ruine pas, et tu pourras toujours accuser la bécane pour sauver la face.
Combien ça coûte ?
Le prix est tout sauf dissuasif. Un conseil : vise un modèle d’après 1996. Le frein avant passe chez Brembo et le tambour arrière laisse place à un disque. Trouvable sous la barre des 1000 euros. Prévoyez un budget d’environ 500 pour remettre à neuf l’amortisseur, préparer la fourche, monter de vrais pneus, installer des durites aviation, et te voilà prêt pour des kilomètres de plaisir, roue levée ou couché dans les enchaînements. Et si le vrai luxe, c’était de piloter ?
Si tu changes tout ce qui peut frotter (commandes, échappement) et que tu chausses la bête de pneus dignes de ce nom, la CB 500 devient une démone des courbes. Vraiment. Elle a même eu droit à son championnat dédié dans les années 90 : la CB 500 Cup. Sébastien Charpentier, double champion du monde Supersport, l’a remportée en 1996 et a décroché sa première victoire mondiale l’année suivante. Ose encore dire que ce n’est pas une sacrée école du pilotage.
Et si tu n’as que le permis A2 ?

Honda CB 500 bleu
Voici quelques points à surveiller au moment de l’achat :
Honda CB 500 bleu
À vérifier également pour ce coloris :
Honda CB 500 gris
Points d’attention spécifiques à la version grise :
Honda CB 500 gris
Ne pas négliger lors de l’inspection du modèle gris :
Honda CB 500 noir gris
Pour la version noire et grise, pensez à ces contrôles :
Honda CB 500 noir gris
Enfin, pour cette déclinaison, quelques derniers détails à passer en revue :
Pour découvrir la Honda CB500 en vidéo, c’est par ici.






