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Quelle enduro pour faire du cross ?

Depuis que l'idée est restée dans l'esprit des gens, c'est fait : la rédaction de Moto-Station a organisé sa sortie Enduro. Mais comme il ne s'agit pas uniquement de pros hors route, nous avons trouvé le concept « Enduro for Dummies » intéressant. Sept motos d'Enduro récréatives, une bande de débutants et une balade dans la Creuse : quelle meilleure façon de vous guider dans vos premiers pas dans la discipline ?

7 motos TT pour débuter en Enduro : la comparaison

AJP 125 PR3 Enduro : Le jouet

La 125 AJP PR3 est de loin la plus petite moto du lot, nul besoin de sortir le compteur pour la réaliser. Équipée d'une roue de 17 pouces à l'arrière, comme une boîte à lunch de 85 cm3, la PR3 fait vraiment de l'enduro de poche. Notre testeur de choc n'a pas attendu très longtemps pour signaler que nous avions enfin trouvé une moto pour Christophe... C'est un peu facile, mais ça reste d'actualité, car la moto a tout pour séduire les plus courts sur les jambes. Et les jeunes filles ne seront pas insensible à la taille de la PR3 : Marc ayant eu la bonne idée de mettre mon autre moitié sur le vélo, c'est désormais un achat qui figure sur ma liste de courses... Après les premiers rouleaux, un mot sera dans chaque bouche : « jouet ». Et c'est vrai que nous nous amusons avec ce PR3 plutôt léger, ultra maniable et facile à emporter avec vous. C'est un excellent point de départ pour faire ses dents avant de passer au cours suivant. Christophe le confirmera : « C'est génial au début et surtout ça facilite le rattrapage ». Cependant, nos pilotes d'essai montent en puissance au cours de ces deux jours (si c'est le cas !) , tous étaient limités par les dimensions de la moto. Les 1,78m de David et Manu auront rapidement du mal à trouver leur place sur le vélo, et nous ne parlons pas de Mehdi avec ses 183 cm sous la hauteur de la hauteur. Et puis beaucoup seront surpris par la vivacité de la moto. Il change de trajectoire en une demi-seconde, ce qui peut être un avantage tant que vous restez concentré. Toutefois, je ferai remarquer que le petit PR3 relégue loin tous ses concurrents du jour en termes de freinage : son frein avant est robuste ! Le moteur, qui n'est évidemment pas un éclair de guerre, fait son travail correctement, de même que les moteurs Minarelli trouvés sur les 125 autres 4 temps de la journée. C'est peut-être un peu court, comme le note Manu, mais cela permet également de ne pas caler dans les difficultés. Ne vous y trompez pas : ce petit moteur pneumatique très rustique vous emmènera ainsi que les mécaniciens de dernière génération. Seules les performances dans les tours sont légèrement inférieures, mais en général, ce n'est pas ce que vous recherchez en enduro récréatif. Si le vélo ne fait vraiment pas de bruit lorsque vous le regardez passer, c'est un peu différent lorsque vous êtes sur le guidon : l'air étant sous l'avant de la selle, le bruit monte directement dans les oreilles. Mais il semblerait que je sois le seul à l'avoir remarqué, donc...

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Beta 125 RR LC : un moteur avant tout

La bêta est sans aucun doute la 125 qui a marqué le plus au début. Il faut dire que c'est l'esthétique est soignée, répétant presque ligne pour ligne celle de ses aînés. Et puis les jantes anodisées noires avec leurs moyeux massifs chromés font tout de suite leur petit effet. La moto est haute — ce qui est plus ou moins bien accueilli — mais son ergonomie intuitive, notamment sa finesse, ravira tous nos cyclistes. Bref, c'est comme « une vraie moto ! «, personne ne dira le contraire, même si quelques trous d'arrivée n'ont pas échappé aux yeux de Manu. Lorsque vous vous sentez bien sur une moto, lorsque vous trouvez facilement vos marques, vous êtes la plupart du temps confiant dès que vous roulez. Ici, c'est tout à fait vrai, la prise en main est naturelle : ludique, maniable, stable, nous sommes bien entendu la bêta. Mais tout de même, Manu, David et Christophe feront la même remarque : « La moto est-elle un peu rigide ? Les suspensions seront même appelées « un peu sèches ». Rien de très méchant, mais ça tremble plus que sur du bitume... Et puis, vite, tout le monde se rendra compte que le freinage n'est pas ça non plus. La sueur froide de Christophe au bas d'une descente se trouve le juge de paix... Il convient également de souligner que le guidon en acier n'est vraiment pas très bon. Très consciencieusement, David va tester sa résistance, et le résultat ne tarde pas à arriver : le guidon va se tordre, le point positif étant que nous avons pu le redresser facilement. Derrière son aspect « vraie moto », le ramage ne se rapporte pas entièrement au plumage. Mais il reste un point sur lequel la bêta domine : son moteur. Parmi les trois Minarelli de notre essai, celui de RR est de loin le plus efficace. Il faut dire que Beta retravaille les mécaniques avant de les mettre sur ses motos. Ce bloc se montre animé, il a des répondants et prend assez bien les rondes pour sa catégorie. J'ajouterais que c'est le seul 125 4 temps capable de prendre facilement un coup d'embrayage sur la deuxième vitesse pour donner une impulsion ou se paver devant une difficulté. Et surtout, le bruit que fait le petit RR rapidement vous fait flipper neurones : il ronronne de rage et vous invite à mettre du gaz juste pour l'écouter chanter. Comme vous pouvez le constater, nous sommes conquis par le comportement moteur de cette bêta.

HM CREF 125 RR : Homogénéité séduisante

Il n'a pas fallu longtemps au HM 4 temps pour séduire nos pilotes d'endurance le temps d'un week-end. Tout d'abord, personne ne peut rester en marbre devant ce CREF dans une robe de mariée et son cadre en aluminium, tout simplement superbe. Ce n'est pas un modèle Honda, mais il s'en inspire largement et prouve une qualité de finition « haute couture » pour un simple 125 4 temps. Et les protège-mains et un sabot moteur standard sont toujours amusants. En prenant le vélo, le constat sera le même pour tout le monde : il est plus large que la Beta, mais on s'y sent bien et on retrouve facilement ses marques. Le HM sera donc rapidement apprivoisé par l'ensemble du staff, et même adopté par Manu qui ne voudra plus prêter le vélo à ses camarades de jeu. Il faut dire que vous vous asseyez bien, ni trop haut ni trop bas, même si la selle mérite un peu plus de confort et que la position debout est agréable. Les suspensions offrent un compromis intéressant entre efficacité et confort, mais un amortisseur légèrement plus progressif n'aurait pas été trop élevé. Les freins fonctionnent bien, ni plus ni moins, mais le petit blanc a toujours un défaut : sa pédale de frein arrière, cachée sous le carter, n'est pas la plus accessible. Rédhibitoire impeccable et doté de nombreux arguments jouant en sa faveur, un châssis « homogène » est un adjectif qui est apparu partout dans la bouche au cours de ces deux jours. Le moteur Minarelli, il faut le reconnaître, est moins efficace que celui de la Beta. Mais il ne faut pas le mettre dans le placard : un peu moins louche, il se veut plus linéaire et très dosable. Puisque la moto tire un poil long, vous pouvez rester sur le même rapport et gérer votre filet d'essence assez facilement. Mais l'idée de changer la transmission pour donner un peu plus de caractère au HM aura traversé l'esprit de nos plateaux. C'est juste que les bougres commencent à être imprudents ! Bien qu'un peu limité en termes de sensations, le moteur va vaillamment amener son conducteur à destination sans aucune difficulté. Encore une fois, le mot « homogène » revient souvent.

Yamaha WR 125 R : Solide et discret

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la Yamaha aura animé les conversations après le taxi... Son look, même s'il plaît à tout le monde, sort de l'ordinaire et se démarque de la concurrence. Mais les premières remarques sont faites dès que les photos statiques sont prises : le 125 WRR pèse un âne mort, il faut le courber pour le tourner en soulevant la roue arrière. Lorsque vous vous mettez sur votre guidon, il y a de tout ! Cela ne choque pas mes collègues sur la route, mais j'ai rarement vu un cockpit aussi complet. Le compteur donne toutes les indications, les commodos sont « option complète », il y a même l'appel des phares... Par contre, nul besoin d'être un expert pour réaliser la largeur très prononcée de l'igname, pas particulièrement embêtant au niveau de la selle, mais plutôt sur le côté des écarts de radiateur exagérés... Les premiers compteurs demanderont donc un peu de temps pour s'adapter. Il est temps de commencer à monter en selle... et c'est le drame ! Certes, les suspensions sont probablement les plus confortables de toutes — ce que fera remarquer Mehdi, prétextant que TT fait mal : n'importe quoi... Mais le confort n'est pas tout, et si l'amortisseur montre un peu d'efficacité dans les chemins, on ne peut pas en dire autant de la fourche. Pas de feedback pour Christophe, lourd train avant pour Manu. Quant à David, il parlera d' « imprécision légère »... Mais c'est avant tout le poids qui est en jeu ici. Parce que non seulement le Yam' est lourd, mais que les masses sont beaucoup trop élevées, de sorte que lorsque le WRR démarre d'un côté, il faut de l'autorité (et un peu d'expérience) pour le ramener. Bref, dans les chemins, ce n'est pas vraiment ça. Pour sa défense, il est toujours solide, la bête : après plusieurs tonneaux hors piste, il est parti comme si rien ne s'était produit, si ce n'était pas une audience interrompue. Croyez que je l'ai vu en direct : ce n'est rien comparé à l'automne. Troisième et dernier moteur Minarelli de notre comparo, le moteur se distingue par une injection électronique et un collecteur extrêmement long et, surtout, un catalyseur en plus du silencieux très imposant. Si la Yamaha gagne la paume du silence, les performances en pâtissent fortement, notamment en Enduro où un peu de « jus » s'impose parfois. L'injection fournit une rondeur moteur agréable, ce qui rend sans aucun doute le Blue le plus accessible, mais les pilotes d'essai en veulent plus maintenant et ne seront pas doux : doux, anémique, poussiéreux... Pourtant, on ne peut que souligner que la WR125R affiche une consommation record : nous avons dû remettre moins de 2 litres de sans plomb après une journée et demie de roulage. Et en termes de bruit, aucune de nos motos ne faisait trop de bruit, mais malgré tout, nous n'avons même pas entendu la Yamaha tourner...

HM CRE 125 2T Compétition : Une guêpe

superbe

Après les petits « 4 coups », passons aux cylindres percés... Avant même d'avoir essayé la moto, nous sommes heureux qu'elle fasse partie du jeu, cette CRE. D'autant plus que la HM est sans aucun doute la moto la mieux mise en avant dans notre comparo. Les amateurs de beaux engins que nous sommes auront apprécié les tés de fourche et autres pièces en aluminium découpées dans la masse, que l'on retrouve partout sur la moto. Ce n'est pas seulement flashy, car le sabot moteur, les protège-mains, l'embrayage hydraulique, le disque avant flottant combiné à un assemblage maître-cylindre/étrier Nissin, des jantes Excel et enfin un superbe cadre en aluminium, s'ajoutent à la HM. Un coup de pied (à gauche) et la guêpe prend vie en un éclair. C'est tout, les candidats au test M-S ont voté : c'est beau et le son de son moteur est fantastique, pas besoin de rouler avec... Mais ces louanges cachent une triste vérité : le personnel de M-S tente d'échapper à un taxi dans la lentille d'eau du milieu. Vous avez plein de trucs... la menace de les perdre au fond de la Creuse suffiront à les motiver à nouveau. Lorsque vous montez sur le Red, vous avez l'impression de réussir un parcours en termes de hauteur de selle. Comme sur la 125 4 temps, on retrouve ses marques assez naturellement, mais avec un frein arrière cette fois accessible. Le confort est un peu moins présent, les suspensions sont plus fermes, la rigidité du châssis se fait un peu plus sentir. Si le confort est réduit, vous ressentez davantage les petits chocs, Medhi vous fera remarquer que lorsque vous frappez plus fort des trous, des cailloux et d'autres racines, vous vous sentez plus confiant qu'avec le 125 4 temps. L'amortisseur fonctionne, mais bénéficierait d'être un peu meilleur, car le 2 temps n'est pas une référence en termes de couple et donc de traction. En termes de maniabilité, le CRE sera sans aucun doute le mieux jugé : léger, ludique, vif... Ça leur a plu ! Le moteur Rotax est en train d'émuler, tout d'abord par son bruit qui fait bouillir le cerveau du pilote. Et puis, les sensations que procure la chaudière à 2 temps sont tout simplement uniques. Le plus excitant pour Manu, furieux pour David et inoubliable pour Mehdi qui, jaloux de pouvoir monter sur le HM 125 à sa place, trouvera un moyen radical de ne plus avoir à le prêter... Nous avons encore eu le temps d'apprécier la montée sans fin du moteur. Parce qu'il faut le reconnaître : plutôt creux en bas, la Rotax doit monter haut dans les tours pour révéler son potentiel : son caractère tranchant, un peu « ON-OFF », qui nécessite un coup d'embrayage pour relancer la machine ne sera pas à la portée de tous les pilotes novices.

AJP 250 PR5 Enduro : Heavy Metal

Nous passons maintenant au moteur supérieur avec le 250 4 temps, et c'est le 250 AJP qui ouvre la balle. Le PR5 n'a pas commencé à gagner aux yeux du personnel. Nos bitumes vont immédiatement reculer l'AJP : le cadre est en partie en aluminium, certes, mais la finition « sablée » n'aime pas. Ce qui, d'ailleurs, ne m'énerve pas plus que ça... Et puis les moteurs pneumatiques ne sont plus courants sur la route, donc en découvrant bloc inspiré de celui de l'ancienne Honda XR (mais propulsé par injection), les gars étaient plutôt septiques. Mais si certains détails apparaissent comme bon marché, l'AJP n'est pas sans pièces intéressantes telles que les protège-mains standard, le guidon sans barre Reikon et surtout, un ensemble de suspensions de qualité pour une gamme de loisirs. La fourche que l'on retrouve sur Gas Gas Racing et l'amortisseur réglable Sachs ne sauteront pas aux yeux des novices, mais c'est un gros argument. La PR5 est une moto imposante, assez haute dans le siège — surtout pour Christophe — et qui donne une impression de lourdeur prononcée, que l'on retrouve sur la balance. Mais une fois en action, le poids est plutôt oublié, le centrage des masses — notamment grâce au réservoir de carburant placé à l'arrière de la moto — équilibrant bien la PR5. La maniabilité est donc au rendez-vous, même si elle est évidemment moins ludique qu'une Beta 125 par exemple. L'AJP est également beaucoup plus stable, et vous aurez moins peur de gagner un peu de vitesse sur votre guidon. Il faut dire que les suspensions peuvent subir de gros chocs avant de talonner. Le confort n'est pas le meilleur : il ne bouge pas, il absorbe tout, mais il est un peu rigide pour nos plateaux. La selle, qui manque également de confort, amplifie cette sensation. En fin de compte, l'AJP est une grosse moto, mais qui peut être manipulée très simplement. Le moteur visuellement peu convaincant se fera rapidement de nouveaux amis, car derrière une apparence boorish, ce 250 AJP est assez docile. Seules des critiques positives me reviendront à son sujet : doux, délicat, en couple, assez puissant mais humainement maniable... Ce que mes collègues apprécieront également, c'est la sécurité qu'offre l'AJP : vous pouvez vous manquer au début d'une difficulté, la force du moteur vous permet de prendre en charge. Et il n'y a rien à dire : l'injection qui lisse le moteur et est facile à gérer est vraiment un atout pour démarrer en Enduro. Un autre avantage de ce vélo est un petit coup de gaz combiné à un embrayage bien placé, et vous pouvez se permettre de monter devant une pierre, une bosse... ou de trouver des raccourcis improvisés entre les arbres, mais c'est une autre histoire. Nos deux guides profiteront également de l'occasion pour faire le tour de l'AJP, et les deux « accros KTM » que sont Didier et Guigui seront surpris par le potentiel de la moto, retrouvant facilement leurs marques sur son guidon et découvrant un très beau moteur de randonnée.

Honda HM CRE 250 F Easy : une croix homologuée

Terminons avec l'épouvantail du week-end : la HM 250 Easy Clutch. Il s'agit d'un vélo de cross 250 CRF approuvé par HM. Mais la particularité de cette moto est qu'elle possède un embrayage automatique Rekluse. Vous devez toujours changer de vitesse, comme sur une moto normale, mais une fois le rapport activé, vous pourrez vous arrêter sans toucher l'embrayage et recommencer à accélérer. Un gros gradateur en fait. C'était pour la nouveauté, sinon rien à dire : c'est Honda, ça respire la qualité et le souci de la finition. Le seul petit plainte vient des pièces ajoutées pour supporter le Rouge : nous avons remarqué que le régulateur semblait être placé « rapidement » sur un support de montage derrière le radiateur. Nous pensions qu'en cas de chute, le radiateur pouvait le heurter. « Boaf non, ça va large ! que nous pensions... eh bien nous avions la preuve qu'il n'était pas passé aussi large (et sans tomber). Nous nous excusons toujours auprès d'Euroboost, mais nous devrons penser à déplacer cette pièce. Alors que le 250 HM semble beaucoup plus léger que le 250 AJP, il est également haut, mais beaucoup moins large. Les commandes sont instinctives et l'ergonomie a fait des adeptes. Toutefois, cela ne suffira pas à convaincre nos joueurs. Les suspensions, fermes mais d'une efficacité redoutable, révèlent rapidement leurs origines Cross. Ayant beaucoup de mal à ramollir la moto, il est difficile de juger de ses qualités au niveau du châssis. Pour ma part, je dirais que c'est probablement le vélo le plus ludique du lot, mais surtout celui qui peut aller vite, très vite sans broncher les trous. Côté performance, c'est un peu « trop » pour un débutant. Il faut dire que le moteur à carburateur est assez explosif, bien que l'impressionnant double sortie LeoVince calme un peu les choses. Néanmoins, l'embrayage automatique aura marqué les esprits. Quel bonheur de ne pas avoir à s'inquiéter du levier d'embrayage dans une montée et surtout dans les métiers du rock à basse vitesse ! Mehdi aura également signé son exploit personnel sur le guidon du HM, à savoir une montée assez prononcée sans mettre le pied au sol, le tout sur le filet à gaz. Marc Moralès, qui n'a pu s'empêcher de monter sur le vélo, s'est également dit conquis par le fonctionnement de l'embrayage Rekluse. Le seul petit problème avec le système : on ne peut pas commencer par pousser le vélo. Mes collègues du bitume (un peu paresseux quand même...) auront tout de suite remarqué l'absence de démarreur électrique. Mais après X coups de pied infructueux, ils auront rapidement trouvé la solution du « Arno Starter »... Quand je te le dis Ils sont sournois !

Par Arnaud Vibien, photos audiovisuelles et Mehdi Bermani

Merci : à HM Euroboost (nous nous excusons encore une fois pour les motos endommagées...), Beta France et Yamaha. À Marc Moralès (AJP France) et qui n'a pas été avare de conseils. À Didier pour nous avoir perdus dans de superbes sentiers et à Guillaume pour avoir trouvé David ! Et à Manue pour les fournitures...

Comparaison « Enduro pour les nuls » : nos opinions subjectives

David

Administrateur des forums Moto-Station, a essayé d'adapter la technique du Wiggle au pilotage TT. Sans succès... Classement personnel : 1- AJP 250 PR5, 2- HM CREF 125 RR, 3 — HM CRE 125 2T, 4 — Beta 125 RR LC, 5 -AJP 125 PR3, 6 — HM 250 CRFE Easy, 7 — Yamaha WR 125 R

Débutant ultime en Enduro, je ne pensais pas pouvoir percevoir de telles différences entre les machines dans cette comparaison. Et pourtant... mon préféré était sans aucun doute l'AJP 250. Moteur en couple et suffisant, et surtout excellente partie du cycle : le comportement du châssis et surtout le réglage de la suspension me semblent idéaux pour entrer en Enduro ! C'est avec elle que j'ai été le plus efficace. Juste derrière le HM 125 4 temps. Le niveau du moteur est nettement moins efficace, mais le mono est agréable et volontaire. Quant au châssis, il est évident de prendre en main, alliant agilité et stabilité en difficulté. Sur les deux machines, la position debout est parfaite. Encore un petit pincement pour le caractère du HM 2 temps : des sensations !

Mehdi

Red'chef, propriétaire d'une 750 GSX-R qu'il verrait bien équipée de pneus sucette et d'une fourche avec beaucoup de débattement depuis son exploit dans « The Rise of Hell ». En même temps, en se reposant sur le dos de David, quoi de plus normal... Classement personnel : 1 — HM CRE 125 2T, 2 — AJP 250 PR5, 3 — Beta 125 RR LC, 4 — HM CRE 250 F Easy, 5 — HM CREF 125 RR, 6 — AJP 125 PR3, 7 — Yamaha WR 125 R

Des papillons dans le ventre ! Amoureux inconditionnel de l'asphalte, des grandes courbes attaquaient l'adhérence dans les virages, des glissières fumantes et des motos coincées dans un rail, je redoutais ce moment fatidique : le célèbre comparo de motos Eenduro pour débutants dans lequel Manu voulait tous nous embarquer. J'ai essayé d'annuler ma participation à l'événement, en prétextant des soucis d'organisation (il faudra bien garder la boutique quand d'autres vont « goûter » aux joies — et surtout à la terre — de la Creuse), un problème congénital qui m'empêche de me tenir debout sur une moto (technique essentielle à la pratique de cette discipline curieuse) ou la vaccination impérative de mon chat (désolé Gribouille !) , rien n'a été fait à ce sujet. Et c'est d'autant mieux au final : l'Enduro est génial, surtout pratiqué dans ces conditions, avec une belle brochette de copains/collègues (quelques bras cassés tout de même, mais j'aurais dit leur nom, surtout celui de David), des machines accessibles, un bon professeur (Marc Moralès n'est pas un Mickey !) , le soleil, les montagnes du Guéret et un joli petit chalet pour se reposer le soir. Après deux jours à transpirer comme un maudit homme, à tomber une fois par heure et à essorer la poignée de droite comme un seau (ampoules à l'intérieur), je me souviendrai du HM 125 2T, car nous nous souvenons d'un ex inoubliable ! D'abord attirée par le son du fougueux 2 temps (on ne recommence pas, j'ai grandi dans le 9-5), j'ai ensuite pu apprécier les qualités de cette machine, notamment son moteur explosif et la finesse de sa grosse fourche. Cependant, je regretterai d'avoir tordu le sélecteur de boîte, empêchant quiconque de l'utiliser le deuxième jour (veuillez vous excuser M. HM). D'une manière complètement différente, je me suis également beaucoup amusé sur le guidon de l'AJP 250. J'aime le couple et la délicatesse de sa mécanique rassurante, sa magie de fourche qui absorbe tout, le positionnement de son réservoir sur lequel, debout sur les repose-pieds, j'ai facilement réussi à mettre mon c... (il semble que cela fasse partie de la technique du parfait Enduriste, dit M. Morales). J'aime moins sa finition et son design. La Beta 125 est une moto facile qui est appréciée pour sa finesse, son moteur vigoureux, le magnifique son qui s'échappe du silencieux, moins pour son mini réservoir (panne de carburant) et la petite morsure de son frein avant (même si à mon niveau, cela m'a permis de ne pas trop bloquer l'avant). Le HM 250 Easy Clutch est une arme redoutable, d'une efficacité impressionnante. Son embrayage automatique est un plus lorsque vous êtes novice, tant que vous ne finissez pas à l'arrêt dans une colline. Je ne me suis toujours pas habitué à ses coups de pied en tant que cric à bois. Comme le Beta, le HM 125 4T est très fin et rapidement dompté. On peut compter sur son moteur, mais il est assez dur en selle comme le petit AJP PR3 d'ailleurs, dont le bouchon de carburant (en aluminium) placé à l'arrière du siège me laisse encore un souvenir douloureux... Ce PR3 reste néanmoins très accessible pour un débutant en raison de sa petite taille, mais il est assez vivant lors des changements d'angle, ce qui est parfois déconcertant, notamment dans le passage d'un pierrier. Je termine ce tour d'horizon avec la Yamaha, peut-être la moins déplacée sur la route, mais pas totalement. Certes, il est lourd, sa peau volumineuse et son moteur assez discrets (mais pas anémiques), mais au moins, la grande flexibilité de son système d'amortissement a préservé l'intégrité physique du débutant que je suis. Merci à elle !

Christophe

Rédacteur en chef des stations, parcourt un véritable trail, une Honda Transalp 650 2006, et ne connaît finalement pas grand-chose au TT. Avec trois ou quatre sorties à son actif, il aime toujours les pneus cloutés et les espaces verts ! Classement personnel : 1- HM CREF 125 RR, 2- AJP 250 PR5, 3 — Beta 125 RR LC, 4 — AJP 125 PR3, 5 -Yamaha WR 125 R, non testé : HM CRE 250 F Easy, HM CRE 125 2T

Ce comparo Enduro a été l'occasion de rouler entre les membres de la rédaction, au milieu de la Creuse, sur les terres du sieur Arnaud, le plaisir de rencontrer Guillaume, Didier notre guide ultra sympa et le célèbre Marc Moralès en prime. Dès le début, je savais que Mehdi et David M4 ne seraient pas intelligents — moi non plus, ne serait-ce qu'à cause de ma taille. Avec moins de 1,70 m sous la hauteur de la hauteur, je ne suis pas intelligent à propos de ces cuissardes. Dès le départ, la HM 250 Easy Clutch me congèle le sang : ses vocalisations ne m'inspirent rien de bon, trop puissant à mon goût. Par-dessus tout, je sais par expérience quel niveau il faut pour s'ouvrir grand avec cette reine de la poussière montante. Je vais laisser le soin aux autres. Naturellement, je me dirige vers l'AJP PR3, une sorte de moto Enduro pour les nains : bingo, sa faible hauteur d'assise me fera économiser de nombreuses fois. Sa légèreté y est aussi pour beaucoup, mais finalement, en trouvant des sensations, j'ai préféré la Beta, l'AJP PR5 ou le HM CRE 125, ce dernier me paraissant le plus homogène. Par contre, je n'ai jamais aimé la Yamaha WR 125 R : trop haute, lourde, avec une étrange distribution de masse. C'était celui sur dont j'ai eu le moins de commentaires de la part de l'avant, la perception de l'adhérence, malgré des pneus purement TT. Bref, il est trop typé pour être le poids devant les autres. La journée s'est bien passée, deux trois bols, je me suis étendu dans la boue, je me suis allongé dans les ronces... mais au final, presque pas de plaies et je n'ai pas beaucoup endommagé, David M4 nous ayant tous pris part à la question de la casse. D'un point de vue général de l'Enduro, je me rappelle que tout dépend de l'endroit où l'on pratique. Au départ d'Arnaud, dans la Creuse, nous sortons la moto du garage et partons en voiture. En région parisienne, c'est un trailer et une entreprise. Et chez nous, en Normandie, les voies autorisées sont réduites comme une peau de chagrin. Peut-être que l'arrivée d'une nouvelle génération de motos électriques TT va changer les mentalités...

Arnaud

Responsable de la section TT, propriétaire de vélos cross qui vous font mal aux bras. Pleure à nouveau de rire en repensant aux exploits de ses collègues... Classement personnel : 1 — HM 250 CRFE Easy, 2 — HM CRE 125 2T, 3 — Bêta 125 RR LC et AJP 250 PR5, 5 — Yamaha WR 125 R, 6 — HM CREF 125 RR, 7 — AJP 125 PR3

C'est tout, j'ai finalement réussi à emporter mes bitumes propres sur les chemins de terre ! Et je dois dire que je ne suis vraiment pas déçu du résultat... un peu de fun, cette sortie Enduro pour les nuls. Étrangement, ils riaient beaucoup moins parfois. Mais au final, la sortie dans la Creuse profonde menée par Didier, notre guide, est un succès : un temps magnifique, des pistes sèches - même si Mehdi était formidable pour trouver de la boue -, des kilomètres de sentiers ne sachant pas où vous êtes (même moi), des paysages « de tous côtés » et - encore - des enduristes pour une journée qui n'ont pas n'a pas hésité à payer leur personne par conscience professionnelle pour vous apporter l'ultime info sur chaque moto. Mention spéciale à David sur ce point... Passons donc aux motos... Ma petite préférée est de loin la HM 250 CRFE : ergonomie, performance et embrayage automatique Rekluse qui fait des merveilles chez les grimpeurs et les grimpeurs. Vient ensuite la 125 HM 2T : c'est « juste un moteur Rotax », mais les sensations fortes sont là quand on fait chanter la moto. Ahhhh le 2 temps... C'est vrai que mes origines crossman orientent mes choix vers des motos palpitantes.

Pour la dernière place sur le podium, le choix était difficile : je donne un ex-eaquo, mais avec un petit penchant pour la Beta. Ce petit bloc moteur Minarelli respire la santé (pour un 125 4 temps), le bruit, l'apparence, l'ergonomie d'une vraie moto Enduro, et une envie d'attaquer partout sans trop de risques. L'AJP PR5 est LA moto de loisir de référence : dans certains aspects qui peuvent sembler dévalorisants (moteur pneumatique, châssis brut...), on découvre une moto bien suspendue, docile, bien équilibrée et agréable à conduire. Ce n'est pas le plus amusant, mais probablement le plus efficace. La HM 125 4T est une moto homogène qui se déplace partout, avec un look plutôt sympa, mais qui manque de caractère à mon goût. Le Yamaha est une autre histoire : elle est lourde, les masses sont mal réparties et le moteur n'est vraiment pas violent. Mais quand même je ne l'ai pas trouvé totalement hors sujet, le seul hic étant qu'un débutant va se débattre avec son guidon. Enfin vient la PR3 : le concept est intéressant pour les petites tailles et les performances du moteur sont honorables, mais personnellement, je ne me suis pas senti à l'aise pendant longtemps sur la moto.

Comparaison « Enduro for Dummies » : revue et données clés

Bilan : Des motos différentes, pour tous les goûts

Au terme de ces deux jours d'initiation et de randonnée, voici le bilan de cet « Enduro pour les Nuls » : tout d'abord, j'ai pensé que le HM Easy Clutch serait bien mieux accueilli, mais il faut dire que pour les premiers tours de roues, c'est un peu trop exigeant. C'est déjà une moto haute performance et l'embrayage automatique n'a pas été apprécié à sa juste valeur. Parce que, après un certain temps d'adaptation, c'est vraiment quelque chose idéal pour la randonnée. C'est constamment remorqué, on ne tient pas... bref c'est plus facile ! Ce vélo s'adresse davantage au cycliste ayant un minimum d'expérience qui souhaite lui simplifier la vie en enduro. La Yamaha, quant à elle, n'était pas trop déplacée lors de cette sortie : le trail Enduro n'est plus une illusion, son domaine est la route. Mais pour ceux qui veulent une moto pour leurs trajets quotidiens et qui peut revenir sur la route de temps en temps, le WRR est un bon choix. Le principal inconvénient de ce vélo est qu'il demande de l'expérience malgré sa faible cylindrée car il n'est pas facile à prendre sur les pistes. L'AJP 125 est le meilleur point de départ : il est petit, facile, léger et offre des performances décentes. Le véritable avantage de ce vélo est qu'il s'adresse à un public de moins de 1,65 m de haut. Il est également le seul de la catégorie. Et puis une moto TT neuve et homologuée pour 3 190€ ne fait pas non plus le tour des rues. À mon avis, il s'agit d'une solution intéressante en tant que choix de moto pour ton autre moitié. Cependant, ce n'est probablement pas le vélo que nous garderons le plus longtemps, car lorsque vous commencez à vous sentir à l'aise dans la discipline TT, vous retrouvez rapidement les limites de la 125. Le 125 Beta est le petit 4 temps qui donne le plus de sensations. Son moteur a la capacité de vous donner un peu d'adrénaline, puis le bruit aide... Le Staff aura trouvé le vélo un peu rigide, ce n'est peut-être pas mal, mais lorsque vous passez au niveau supérieur, vous vous rendez vite compte que ce n'est pas tant que ça. Un débutant ne s'en rendra pas compte, mais un conducteur plus expérimenté jugera la partie du cycle trop juste par rapport aux performances du moteur. Dommage Bref, la RR est une moto sensationnelle, au bon prix, mais qui pêche sur certains détails. La 125 HM CREF est la moto qui a reçu le plus de compliments... d'un énorme avantage par rapport à ses concurrents, mais c'est surtout qu'elle ne présente aucun défaut particulier non plus. Avec un moteur sans véritable point fort mais très correct et un Partie de cycle polyvalente, le 125 4 temps reçoit la paume de l'homogénéité. Le 125 HM 2T restera dans l'esprit : quel personnage ! C'est une moto qui offre des performances supérieures à ses camarades 4 temps, mais inférieures à celles d'un vélo de compétition. Trop tranchant pour les novices, il faut un peu d'expérience pour s'offrir son guidon. L'énorme 250 AJP fait peur au début, puis il se fait beaucoup d'amis par la suite... Cette moto est faite sur mesure pour les loisirs : elle est facile, efficace mais pas trop, bref elle se porte plutôt bien dans tous les domaines. Cependant, il faut un peu d'autorité pour la prendre et elle mérite un peu plus de confort, mais son compromis loisirs/performance reste très intéressant.

Comparaison « Enduro pour les nuls » : données clés

Enduro AJP 125 PR3

Hauteur d'assise : 840 mm Poids plein vérifié : 104,4 kg Prix : 3 190€

Enduro AJP 250 PR5

Hauteur d'assise : 930 mm Poids total vérifié : 128,5 kg Prix : 5 590€

Bêta 125 RR LC

Hauteur d'assise : 917 mm Poids plein vérifié : 109,5 kg Prix : 4 290€

HM CORE F 125 RR

Hauteur d'assise : 900 mm Poids plein vérifié : 110,5 kg Prix : 4 799€

HM CRE 125 2T Compétition

Hauteur d'assise : 920 mm Poids entièrement contrôlés : 105,9 kg Prix : 5 599€

HM CRE F 250 R Easy

Hauteur de selle : 955 mm Poids tous pleins faits : 112,5 kg Prix : 8 340€

Yamaha WR125R

Hauteur de selle : 930 mm Poids tous pleins faits : 136 kg Prix : 3999€

930 mm Poids total vérifié : 128,5 kg Prix : 5 590€

Bêta 125 RR LC

Hauteur d'assise : 917 mm Poids plein vérifié : 109,5 kg Prix : 4 290€

HM CORE F 125 RR

Hauteur d'assise : 900 mm Poids plein vérifié : 110,5 kg Prix : 4 799€

HM CRE 125 2T Compétition

Hauteur d'assise : 920 mm Poids entièrement contrôlés : 105,9 kg Prix : 5 599€

HM CRE F 250 R Easy

Hauteur de selle : 955 mm Poids tous pleins faits : 112,5 kg Prix : 8 340€

Yamaha WR125R

Hauteur de selle : 930 mm Poids tous pleins faits : 136 kg Prix : 3