Les astuces simples pour identifier un plastique alimentaire

Un triangle numéroté gravé sous une bouteille ou un tupperware. Rien de très esthétique, ni de franchement rassurant. Pourtant, ce petit symbole en dit long sur la nature du plastique qui protège vos aliments, vos cosmétiques ou les jouets de vos enfants. Il n’est pas toujours là, mais quand il s’affiche, il joue le rôle d’avertisseur discret. Mieux comprendre ces chiffres, c’est déjà limiter sa part d’incertitude au moment de choisir ses contenants alimentaires.

Les différents types de plastiques

Chaque plastique a sa signature chimique, son usage, ses risques. Les fabricants exploitent ce code, et nous, consommateurs, avons tout intérêt à apprendre à le décoder.

Polyéthylène téréphtalate (PET)

Le PET, c’est le champion dans les rayons d’eau minérale et de sodas. Son nom évoque les phtalates, ces composés dont la réputation suscite la méfiance. Officiellement, aucune certitude absolue sur la migration de substances indésirables, mais personne ne prétend que le risque est nul, surtout si la bouteille chauffe ou reste en plein soleil. À température ambiante, conservée à l’abri, le PET reste sobre. Dès qu’on le chauffe, la vigilance s’impose : les échanges entre plastique et contenu s’accélèrent.

Polyéthylène haute densité (PEHD)

Il se cache dans les flacons de shampoing, les bouteilles de gel douche ou de démaquillant, parfois même dans les emballages pharmaceutiques. Ce plastique robuste encaisse bien les chocs, mais son utilisation pour les aliments reste plus rare. On le retrouve bien plus souvent dans la salle de bains que dans la cuisine.

Chlorure de polyvinyle (PVC)

Le PVC envahit les revêtements de sol, les jouets, les tuyaux. S’il a trouvé sa place dans l’industrie, il inquiète dès qu’il se rapproche de la bouche des enfants. Les phtalates qu’il peut relâcher invitent à la prudence, en particulier pour les jouets susceptibles d’être mâchés. Problème : le type de plastique est rarement indiqué sur les petits jouets, compliquant la tâche des parents.

Polyéthylène basse densité (PEBD)

Les films plastiques qui recouvrent les plateaux-repas ou les barquettes surgelées sont souvent fabriqués en PEBD. Souple, léger, il enveloppe plus qu’il ne protège. On le retrouve parfois dans les sacs de congélation.

Polypropylène (PP)

Dans la famille des plastiques alimentaires, le polypropylène tient la corde. Il compose la majorité des boîtes réutilisables, celles qui passent au micro-ondes. Après le scandale du polycarbonate (numéro 7), banni des biberons depuis 2010, le PP s’est imposé comme alternative plus rassurante. Il semble stable, peu enclin à relâcher des substances indésirables, même lorsqu’il est chauffé.

Polystyrène (PS)

Le polystyrène, c’est la vaisselle jetable, les gobelets mousse, les barquettes de fast-food. À éviter lors d’un passage au micro-ondes : sous l’effet de la chaleur, il peut libérer du styrène, un composé classé parmi les cancérogènes possibles par le CIRC. Prudence donc, surtout pour les plats chauds.

Autres ou polycarbonate (PC)

Ce groupe fourre-tout rassemble les plastiques moins répandus. Le polycarbonate, en particulier, a défrayé la chronique à cause du bisphénol A (BPA) qu’il peut relâcher. Ce dernier est désormais banni des biberons, mais il reste présent dans certains contenants anciens ou importés. À éviter, tout simplement.

Et le silicone, dans tout ça ?

Le silicone alimentaire s’est taillé une place dans nos cuisines, avec ses moules souples et ses ustensiles colorés. Mais tous les silicones ne se valent pas. Leur innocuité dépend du catalyseur utilisé lors de la fabrication : platine ou peroxyde. Pour un usage régulier, il vaut mieux se tourner vers les moules estampillés « silicone platine ». Cette mention, de plus en plus visible sur les emballages, garantit une résistance accrue à la chaleur (jusqu’à 280°C) et une migration de substances quasi nulle. Le prix s’en ressent, mais la tranquillité aussi.

Et maintenant, comment choisir ?

Face à la diversité des plastiques, chacun adopte sa propre stratégie. Pour vous aider à faire le point, voici quatre profils fréquents :

  • Certains s’en tiennent à leurs habitudes, peu importe le numéro du plastique, et continuent d’utiliser leurs boîtes et accessoires sans trop de questions.
  • D’autres, plus vigilants, savent que le polystyrène (numéro 6) ne doit pas passer au micro-ondes, et que le PVC (numéro 3) tout comme le polycarbonate (numéro 7) sont à éviter autant que possible.
  • Les plus prudents privilégient le verre, et réchauffent systématiquement leurs plats hors du plastique, sur une assiette ou dans un récipient sans risque.
  • Enfin, les adeptes du « zéro compromis » ont banni le plastique de leur cuisine et font leurs courses munis de contenants en verre ou en inox.

La mention « silicone platine » sur les emballages se généralise. Ces produits résistent à des températures extrêmes et, s’ils coûtent plus cher, ils offrent une alternative fiable au plastique classique.

À chacun sa ligne de conduite, entre confort, précaution et principe de précaution maximal. Mais la prochaine fois que vous retournez une bouteille ou une boîte, ce petit triangle ne sera plus un mystère. Ce sera le début d’un choix éclairé, à la mesure de vos exigences et de votre confiance dans la matière qui entoure vos aliments.

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