Le coefficient de réduction-majoration (CRM), communément appelé bonus-malus, reste attaché au conducteur tant qu’un contrat d’assurance auto est actif. Dès que ce contrat cesse, le compteur de bonus se fige. La durée pendant laquelle ce coefficient figé reste utilisable auprès d’un nouvel assureur dépend de règles légales précises et de pratiques commerciales qui varient d’une compagnie à l’autre.
Coefficient de réduction-majoration : le mécanisme qui régit le bonus auto
Le CRM est un multiplicateur appliqué à la prime de référence. Chaque année sans sinistre responsable, il diminue de 5 %. Après un accident responsable, il augmente de 25 %. Le plancher est fixé à 0,50 (bonus maximal) et le plafond à 3,50 (malus maximal).
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Ce coefficient appartient au conducteur, pas au véhicule. Quand un contrat est résilié ou suspendu, l’article 9 de l’annexe à l’article A121-1 du Code des assurances dispose que le CRM appliqué à la dernière échéance reste acquis à l’assuré. Aucune nouvelle réduction ne s’accumule pendant la période sans contrat, mais le niveau atteint ne disparaît pas non plus de façon automatique.
Cette règle signifie qu’en théorie, un bonus de 0,50 obtenu après des années de conduite sans sinistre ne s’évapore pas du jour au lendemain. Le texte légal ne fixe aucune date d’expiration explicite du bonus.
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Interruption d’assurance auto : le seuil qui change tout
La loi distingue deux situations selon la durée d’interruption du contrat.
Moins de trois mois sans assurance
Si la coupure entre deux contrats est inférieure à trois mois, le nouvel assureur reprend le CRM tel quel. La continuité est considérée comme maintenue. Une réduction supplémentaire de 5 % peut même être appliquée si aucun sinistre responsable n’a eu lieu pendant la période couverte précédente.
Plus de trois mois sans assurance
Au-delà de trois mois d’interruption, les assureurs ne sont plus tenus de reprendre l’ancien coefficient. Légalement, le bonus reste acquis, mais en pratique, les compagnies appliquent leurs propres règles de souscription. La plupart considèrent qu’après une interruption prolongée, le risque du conducteur est devenu difficilement évaluable.

La conséquence directe : après trois ans sans assurance auto, la quasi-totalité des assureurs repartent d’un CRM à 1, c’est-à-dire sans bonus ni malus. Ce seuil de trois ans n’est pas inscrit dans la loi, mais il s’est imposé comme une norme de marché quasi universelle.
Bonus auto après trois ans sans contrat : ce que les assureurs appliquent vraiment
La distinction entre le droit et la pratique commerciale crée une zone grise que beaucoup de conducteurs découvrent au moment de souscrire un nouveau contrat.
Un conducteur qui avait un CRM de 0,50 et qui revient après quatre ans sans assurance se verra proposer un coefficient de 1,00 par la majorité des compagnies. Certaines appliquent même une surprime supplémentaire pour compenser l’absence de données récentes sur le comportement routier.
Cette surprime peut représenter une augmentation significative par rapport au tarif standard d’un conducteur au CRM neutre. Elle n’est pas réglementée de la même façon que le bonus-malus : chaque assureur la calibre selon sa propre grille tarifaire.
- Interruption de moins de deux ans : plusieurs assureurs acceptent de reprendre l’ancien CRM sur présentation du relevé d’information, parfois avec une légère majoration.
- Interruption entre deux et trois ans : la reprise du bonus devient rare et souvent partielle, certains assureurs proposant un coefficient intermédiaire entre 1,00 et l’ancien CRM.
- Interruption de trois ans ou plus : retour quasi systématique au coefficient 1,00, avec possibilité de surprime selon le profil du conducteur.
Le relevé d’information : preuve nécessaire pour faire valoir son ancien bonus
Le relevé d’information automobile est le document qui retrace l’historique d’assurance d’un conducteur. Il mentionne le CRM, les sinistres déclarés (responsables ou non) et la durée d’assurance effective.
Depuis le 24 juillet 2025, le modèle de relevé d’information a été mis à jour. Le nouveau format retrace les sinistres responsables des cinq dernières années, ce qui donne aux assureurs une vision plus précise du profil de risque lors d’une reprise de contrat.
Pour obtenir ce document, il faut en faire la demande auprès de l’ancien assureur, qui est tenu de le fournir dans un délai de quinze jours. Conserver ce relevé est fondamental : sans lui, prouver un ancien bonus de 0,50 après plusieurs années sans contrat devient pratiquement impossible.
Piège fréquent : ne pas demander son relevé à temps
Beaucoup de conducteurs négligent de récupérer leur relevé d’information au moment de la résiliation. Plusieurs années plus tard, retrouver le document ou contacter l’ancien assureur peut s’avérer compliqué, notamment si la compagnie a changé de nom ou fusionné.
La bonne pratique consiste à demander son relevé dès la résiliation du contrat et au conserver indéfiniment, au format numérique si possible.

Surprime pour conducteur non assuré : impact concret sur le prix du contrat
Reprendre une assurance auto après une longue interruption coûte plus cher qu’une simple souscription au CRM 1,00. Les assureurs considèrent l’absence prolongée de couverture comme un facteur de risque aggravant.
Cette logique s’explique par l’absence de données récentes. Un conducteur assuré en continu génère un historique de sinistralité exploitable. Un conducteur absent du circuit assurantiel pendant trois ans ou plus représente une inconnue statistique.
- La surprime s’applique généralement pendant les deux ou trois premières années du nouveau contrat, puis diminue si aucun sinistre responsable n’est déclaré.
- Comparer les offres de plusieurs compagnies permet de constater des écarts de tarification importants, car chaque assureur évalue différemment le risque lié à l’interruption.
- Certains assureurs spécialisés dans les profils atypiques (résiliés, interruption longue) proposent des conditions d’entrée plus souples, mais avec des garanties parfois limitées en formule de base.
Reconstruire un bonus de 0,50 depuis un CRM de 1,00 prend treize années consécutives sans sinistre responsable. Perdre son bonus après une interruption de trois ans représente donc un coût cumulé considérable sur plus d’une décennie.
Résiliation, suspension de permis et bonus : ne pas tout confondre
Une résiliation de contrat pour non-paiement de prime ou pour un autre motif ne modifie pas en soi le coefficient bonus-malus. Le CRM reste figé à son dernier niveau. En revanche, la mention « résilié par l’assureur » sur le relevé d’information complique la recherche d’un nouveau contrat et peut entraîner des surprimes supplémentaires.
La suspension ou l’annulation du permis de conduire relève d’une problématique distincte. Une suspension de permis ne change pas automatiquement le CRM, mais elle constitue une aggravation du risque que le conducteur est tenu de déclarer. L’assureur peut alors appliquer une majoration réglementée ou résilier le contrat.
Confondre ces situations conduit à des erreurs de déclaration qui peuvent avoir des conséquences lourdes, notamment en cas de sinistre survenant après une reprise de contrat mal documentée.
Stratégies pour limiter la perte de bonus en cas d’arrêt de conduite
Maintenir un contrat actif à moindre coût
La solution la plus efficace pour préserver son bonus reste de ne jamais interrompre totalement son assurance. Des formules au tiers, avec des garanties minimales, existent à des tarifs modérés. Assurer un véhicule même peu utilisé permet de maintenir le CRM actif et d’accumuler des années sans sinistre.
Souscrire rapidement après une résiliation
Si la résiliation est inévitable, reprendre un contrat dans les trois mois suivants permet de conserver intégralement son bonus. Ce délai de trois mois constitue la fenêtre critique à respecter absolument.
La perte de bonus après une interruption d’assurance auto n’est pas une fatalité juridique mais une réalité commerciale. Le seuil de trois mois marque le début du risque, et celui de trois ans sans contrat entraîne dans la quasi-totalité des cas un retour au coefficient neutre.
Garder son relevé d’information à jour et souscrire un contrat, même minimal, pendant les périodes de faible utilisation du véhicule reste le moyen le plus sûr de protéger un bonus acquis sur de nombreuses années.
Pour évaluer le coût d’une reprise d’assurance auto adaptée à votre situation et à votre historique de bonus, remplissez le formulaire de demande de devis gratuit ci-dessous. Un professionnel vous rappellera pour étudier votre dossier.

